Le nouvel opus de Jean-Pierre Paulhac est construit comme une symphonie. Il comporte pas moins de onze mouvements dont sa plume est le chef d’orchestre. Ainsi les mots se transforment en instruments de musique : cuivres, bois, cordes et percussions. Ils donnent toute leur puissance dès lors que le poète dénonce les guerres, l’obscurantisme ou défend bec et ongles la liberté de penser ou d’être :
« Quelles lois régissent la furie ?
Quel fou croit encore à la sagesse ?
Quand le fer toujours tranche les chairs
Et que le sang amer féconde les larmes »
Les lois de la guerre
L’orchestre va crescendo dans une anti-ode aux antivax :
« Que vous chaut la souffrance qu’on incube
Au diable le travail toujours recommencé
De ceux qui épuisent leur vie pour vous… »
ou encore contre les procès faits aux boomers :
« ...J’ai rêvé d’un vent utopique
Sur les barricades magiques
Pour rougir notre République
Lors de longues nuits héroïques
Je suis un boomer... »
Puis la musique des mots se fait adagio quand le poète évoque la mémoire de sa mère :
« ...Les fleurs tombent
En larmes de pétales
Dans l’encens des cantiques
Qui coulent des yeux... »
Fin du voyage
ou encore concerto pour chanter l’amour du poète pour sa bonne ville de Lyon, évoquer l’ami Georges à Sète ou célébrer le chef d’œuvre de Gustave Courbet « l’origine du monde » avec des graffitis de vers. On ne peut refermer ce recueil sans citer un extrait du poème dédié aux muses de Jean-Pierre Paulhac :
« ...Mes muses
Avec elles je navigue sur l’avenir
J’esquisse des palais de strophes
Dont j’envoie l’or briller sur les écrans
Et puis elles s’enfuient
Fallacieuses chimères... »
Mireille HEROS
Effusions et fusion, 134 pages, publié aux éditions Thierry Sajat, 14 euros, disponible auprès de l’auteur
Né en 1952 à Bourgoin-Jallieu dans l’Isère, Jean-Pierre Paulhac a passé tout sa jeunesse à Lyon, ville chère à son cœur. Après des études de lettres modernes à l’université Lyon II, il opte pour le service national actif pour échapper au service militaire. Affecté à Garoua au Cameroun en tant que professeur de français, il éprouve un véritable coup de foudre pour l’Afrique dont il ne se remettra pas. A l’issue de ce premier séjour, il continue à œuvrer pour le développement dans le cadre de la coopération française au Tchad, Congo, Mauritanie et Bénin, pendant près de vingt cinq ans.
A son retour en France, il rejoint l’Education Nationale comme proviseur adjoint au lycée Voltaire à Orléans puis comme principal du collège Le Clos Ferbois à Jargeau (Loiret). En 2016, il fait valoir ses droits à la retraite.
Passionné de poésie depuis l’adolescence, il fréquente de nombreux cercles poétiques à Paris et en province, anime la scène ouverte du festival des Voix Vives à Sète, chaque été fin Juillet. Il donne également des conférences notamment à l’Académie de la Poésie Française.
Jean-Pierre Paulhac est l’auteur de huit romans, un essai sur Hubert-Félix Thiéfaine dans le texte et de nombreux recueils de poésie. On peut retrouver sa production poétique sur sa page Facebook.
SONNET D’AMOUR
Tu me consoles quand mon cafard soliloque
Toi seule poses tes mots doux sur mes émois
Quand je veux tout solder jusqu’à la foi en moi
Et que je ne vaux plus guère qu’une breloque
Toi seule secoues mon vieux cœur qui pendeloque
Quand plus rien ne naît du fond d’un silence froid
Que mon verbe asphyxié d’espoir porte sa croix
Et que mes rimes réclament un ventriloque
Toi seule sais voir dans un ciel noir qui explose
Un rêve où s’ouvre une rose qui s’extasie
Quand l’aurore au soleil sa beauté nue expose
Tu métamorphoses mes larmes de détresse
En soupirs quand tes lèvres de vers les caressent
Ce sont mes seuls baisers ô chère poésie
Jean-Pierre Paulhac
Jean-Pierre Paulhac, a rejoint l’Académie de la Poésie Française en décembre 2023. Retraité de l’Education Nationale, il vit à Orléans mais ses attaches sont . Il a passé 25 ans de sa vie En Afrique : Cameroun, Tchad, Congo, Mauritanie, Bénin, dans le cadre de la Coopération française.
Il a publié six romans aux éditions du Cygne :
la porte du non retour en 2008
Le conseil de discipline en 2009
chassé du Tchad en 2010
l’Hôtesse noire en 2012
l’investiture en 2015
Calvaire en 2017
ainsi que deux essais « Dialogue Nord-Sud » en 2004 (éditions Dianoïa) et « le Principal du secondaire » aux éditions du Cygne en 2010.
En 2013, il publie, aux Editions des Poètes Français, un premier recueil de poèmes « Transports en commun et autres voyages » qui sera suivi de « Ephémérides » en 2018, « La statue de Jeanne et autres vers anciens» en 2020 et « Traces d’étoiles » en 2021.
Son dernier recueil, en vers et cris aux éditions Constellations, ne manque pas de piquant, il y laisse exploser ses révoltes