Dans ce recueil, préfacé par Christiane Rancé, écrivaine et journaliste, Pauline Ambrogi peint la beauté du monde avec force d’images et d’émotions.
La poétesse revient sur la genèse avec les grains de sable porteurs de promesses :
« Dans le jardin d’Eden, sans chagrins et sans peur,
Homme et femme créés dans l’infini mystère,
Nous étions de toutes les espèces
Les grains de sable de la promesse »
Après un détour par la Havane, illustré par une aquarelle de Marie Ambrogi, elle nous conte l’histoire des guetteurs d’aurore sur la banquise, dépeint une scène de chasse dans la forêt d’Autun. Puis, par la magie de la poésie, elle conduit le lecteur dans le Montmartre de son enfance puis sur sa natale avec « des morceaux d’horizons perdus sous les étoiles » sans oublier le Mistral « ce vent extravagant coupe comme une lame ». Enfin, le regard de la poétesse se pose « sur la pierre funeste :
« Mes larmes retenues, j’ose lever la tête
Et laisse divaguer mon âme de poète.
D’une main confuse, j’agite un au revoir
Bientôt je reviendrai, il me reste l’espoir
Car j’emporte avec moi un bouquet d’œillets roses
Qui parfume mon cœur et embellit ma prose. »
Pauline Ambrogi présentera son livre le 18 décembre 2025 à partir de 18h30, à la brasserie des Ministères, 43 rue Vaneau , 75007 Paris, angle Babylone.
La Terre sans Mal – Editions Thierry Sajat – 75 pages – 15 euros - disponible auprès de l’auteur
L’avion a revêtu sa traîne de mariée
Pour traverser le vaste ciel d’une lancée
Fort attendu, on ne sait où, à l’autre bout
Il ne pouvait manquer ce rendez-vous.
Et par-dessus les toits et par-dessus les champs
Il s’élançait sans bruit toujours plus en avant
Traçant à l’infini sa ligne d’horizon.
Un chat, bien sagement assis, le regardait
La tête fixe. La queue en accordéon
Jouait, ondulant telle un serpent qui rampait.
Car lui aussi aurait bien aimé voyager
Passer les sables blancs, survoler l’océan
Voir de haut la girafe amie du sanglier
Connaitre le Persan, l’Egyptien, le Birman,
Sauter comme un mouton de l’Inde à l’Australie
Déguster le criquet et la souris rôtie.
Mais sa vie s’écoulait, rythmée et si tranquille
Sur son carré de terre, à jamais attaché
Il attendait son tour, le regard élevé
Vers l’échappée belle et ce rêve qui file.
Pauline Ambrogi
À la chaleur du soleil, j’ai fermé les yeux
J’ai senti sa douceur se poser sur ma peau
Me brûler de cent feux comme un baiser soyeux
M’étreindre et m’animer d’un sentiment nouveau.
Je me laissais bercer par le chant de l’oiseau,
La brise marine et ses accents audacieux,
Le rire des enfants, le clapotis de l’eau,
Le vol d’une mouche vrombissant et furieux.
J’étais dans ce jardin aux carrés d’herbes folles,
Aux senteurs frivoles qui au matin s’envolent,
Aux mille insectes fous qui tournoient aux beaux jours.
Les pavots défroissaient leurs ailes de soies pâles
Et d’un cœur ténébreux, écartaient leurs rivales,
Pour paraître, enfin, comme des gens de cour.
Pauline Ambrogi