Le 18 mars 2025, dans les studios de ARTS TOP TV, Régine Lacroix dans son émission "l'instant de Régine", recevait cinq poétesses engagées : Andy Anderson Pro, comédienne et cinéaste, Judith Brunel, juriste, Patricia Giorgi, comédienne, Mireille Héros, Académie de la poésie Française, et Myrna Lafare Michalon, maître nageur sauveterre et ex championne de France de Natation.
Après avoir retracé son parcours poétique, chacune d'entre elles s'est exprimée sur les valeurs sociales, philosophiques, métaphysiques ... de l'écriture poétique qu'elle soit en prose, en vers libres ou en rimes. Un grand moment de partage et d'émotion.
La marque majeure de l'Esprit français, c'est de pouvoir accroître la liberté. Il prend sa source dans une langue structurée, claire, précise, exacte, chère à nos siècles les plus glorieux.De Madame de la Fayette à Jean d'Ormesson en passant par Madame de Staël, Colette et Sacha Guitry, l'écrivain Axel Maugey évoquera "l'esprit français", joyeux, impertinent, nuancé, toujours au service des sentiments et des sensations.
Professeur des Universités ( France, Canada, Italie, Japon ), Axel Maugey fait partie de ceux qui illustrent le dialogue des cultures. Il est l'auteur d'une bonne trentaine de livres, souvent primés et réédités. Il a notamment été couronné par l'Académie Française pour l'ensemble de son œuvre.
Dernier livre paru: "L'esprit français de Madame de la Fayette à Jean d'Ormesson", éditions Dacres.
Bien connus des milieux poétiques, Franck et Claude Viguié, invités de la conférence du 12 février 2025, rendaient hommage à trois poètes résistants : Joë Bousquet, Jean de la Ville de Mirmont et Jean-Pierre Rosnay.
Pour Franck Viguié, la poésie passe par la chanson : "Je suis venu à la poésie par la musique. j'écris de tout depuis les bancs de l'école, des poèmes, des chansons, des nouvelles. Je compose des musiques pour habiller des poèmes que j'ai aimés, depuis François Villon jusqu'aux contemporains. Ce qui compte c'est la poésie, dont je cherche encore la définition.
Et Claude de compléter : « j'ai rencontré Franck derrière sa guitare et nous ne nous sommes plus quittés. Nous chantons ensemble, notre répertoire évolue depuis la poésie la plus dense jusqu'à l'humour le plus déjanté. Nous avons promené nos musiques et nos textes dans plusieurs lieux de spectacles parisiens, parmi lesquels le Club des Poètes de Jean Pierre Rosnay, le théâtre des Déchargeurs, les "ricochets poétiques", le théâtre de la Mainate. Et nous butinons dans plusieurs associations poétiques et musicales. Ce qui nous plaît, c'est la rencontre, le partage d'émotions transmises par les chemins mystérieux de la parole."
« J’ai été inspiré par Joë Bousquet, Jean de la Ville de Mirmont et Jean-Pierre Rosnay. Confie Franck Viguié. Ils sont à la fois différents et tellement proches en même temps, si on considère ce qui les a animés. Les musiques sont venues naturellement et c’est par le chant appuyé par la belle voix de Claude que j’ai voulu rendre hommage à ces trois personnages. Nous ne les avons pas connu mais nous avons passé des soirées mémorables dans le Club des Poètes créé par Jean-Pierre Rosnay et qui aujourd’hui encore est un haut lieu poétique grâce à l’épouse et au fils du poète.
Rien ne s’achève ni ne commence : CD disponible à l’adresse suivante franck.viguie@free.fr
Compositions musicales et chant : Claude et Franck Viguié
Arrangements : Patrick Pernet
Violon : Jeanne-Marie Anglès
Illustrations : Nicole Durand
Conception graphique : Simon Boulanger
Marianna Esposito Vinzi, conférencière et membre de la Société Dantesque de France, Paris Sorbonne nous propose de découvrir Natalie Clifford-Barney
Natalie Clifford-Barney nait le 31 octobre 1876 à Dayton, dans l’Ohio, aux Etats-Unis. Son père avait hérité l’entreprise familiale qui construisait des wagons de chemin de fer. Le développement de ce mode de transport au XIX siècle valut à la famille Barney d’accumuler une fortune considérable.
Eduquée entre précepteurs et institutions exclusives, Natalie Barney développa une passion unique pour le latin, la littérature et la langue française.
Natalie Barney, après un mariage de convenance organisé par sa famille avec le duc Clifford, mariage qui dura juste quelques mois, fut la pionnière déterminée qui eut à cœur d’exprimer tôt et clairement la nature de ses sentiments de ses intérêts érotiques spécifiques.
Elle fut, avec Colette et Renée Vivien, parmi les premières des lesbiennes comme telle assumées, celles que l’écrivain Rémy de Gourmont désigna sous le terme « d’Amazones ».
Natalie Clifford-Barney, muse des premiers poèmes publiés par Renée Vivien, écrira d’elle-même : « Je ne me suis jamais conformée et pourtant je suis. Le lesbianisme me semble tout ce qu’il y a de plus rose et d’innocent. »
Lucie Delarue-Mardrus, poétesse et romancière, elle aussi androgyne et très prolifique dans son recueil de poèmes écrit entre 1902 et 1903, chantait son amour pour la Barney comme « un amour qui dévore le monde...toi blanche et flexible, toi qui sous ta crinière indiciblement blonde, avec tes cils froids où s’aiguise un regard dur et bleu… ».
Lignes rondes des corps féminins, yeux étincelants d’intelligence, sarcasme, volonté d’imposer son esprit d’indépendance et son objectivité, les poèmes de Natalie Clifford-Barney révèlent l’audace des thèmes et des engagements unis à la volonté indomptable de ne céder devant aucune obligation, sinon celle de ses propres volontés et désirs. Son « immoralité » s’accommode dans ses poèmes avec le goût du verbe fruité et l’invention de l’image concrète.
Natalie Clifford-Barney meurt à Paris en 1972, à l’âge de 96 ans.
Rappelons que Marianna Esposito Vinzi sera l'invitée de la conférence du mercredi 11 juin 2025 sur le thème "Marguerite de Navarre : une sensibilité féministe?"
Méduses
Dans la forêt de mort, sans saisons, sans feuillages,
-Où la sève des pins, de leurs troncs mutilés,
Coule en lente agonie- il est un exilé
De la vie, attendant de vains appareillages.
A Liane de Pougy
« Je veux t’aimer idéalement, travailler dignement pour toi, moi, nous…
Adviendra ce qu’il pourra, je lie ma destinée à la tienne,
Tant et si bien que déjà je souffre de tes moindres maux
En ne ressentant que ceux qui me viennent de toi.
Extrait de Idylles (1889)
Hais-moi dès à présent si tu dois me haïr !
Alors qu’à te liguer contre moi tout t’invite,
Viens joindre tes efforts, accable-moi bien vite,
Et ne vas pas du moins après coup me trahir !
Rencontre littéraire inédite avec trois autrices venues de loin. Chacune d'entre elles retracera sa démarche pour rechercher les siens.